Main menu
Section menu

Un nom qui en dit long

Par : Sandra Banner, directrice générale et chef de la direction | Le 10 décembre 2014

Récemment, j’ai assisté à une réunion lors de laquelle j’ai fourni une mise à jour informelle à propos du statut du jumelage principal R-1 de 2015 (jumelage R-1). Pendant ma présentation, on m’a questionné au sujet du terme « CDME » ou « Canadien diplômé en médecine à l’étranger » utilisé par CaRMS. Plus précisément, il a été proposé que CaRMS cesse l’emploi du terme « CDME » puisqu’il s’agit d’un terme inventé et ouvre en quelque sorte la porte à des accusations de discrimination.

Les CDME sont des citoyens canadiens qui ont quitté le Canada afin de poursuivre leur éducation en médecine à l’extérieur du Canada ou des États-Unis. Lorsqu’il s’agit du jumelage, les CDME sont inclus dans la cohorte de diplômés hors Canada et États-Unis (DHCEU).

Bien que ses origines puissent être contestées, le terme « CDME » est largement employé par les organismes, y compris l’Association des facultés de médecine du Canada (AFMC), la Fédération des étudiants et des étudiantes en médecine du Canada (FEMC) et le Système informatisé sur les stagiaires post-M.D. (CAPER) pour en citer quelques-uns. Les ministères provinciaux de la Santé utilisent également ce terme, comme en témoigne le rapport historique par George Thomson et Karen Cohl intitulé « Examen indépendant de l’accès des diplômés internationaux en médecine aux programmes de formation postdoctorale en Ontario ». Le terme CDME se trouve également dans une multitude de forums de discussion en ligne fréquentés habituellement par les candidats.

Peu importe l’origine du terme, son usage systémique indique que, même s’il cause de l’inconfort pour certains, il possède une valeur analytique et descriptive et se réfère à un sous-groupe très réel de la communauté des candidats DHCEU. Plus important encore, le terme « CDME » se réfère à un groupe reconnaissable à qui nous avons attribué un label aux fins d’analyse et d’information.

On doit reconnaître que l’identification, la désignation et la conduite d’une analyse basée sur un sous-groupe de candidats DHCEU ne sont en aucun cas la base d’une discrimination concrète. La présence ou non de discrimination envers un groupe donné est complètement séparée de la désignation et de l’analyse. La discrimination peut tout aussi bien exister envers un groupe non identifié et non étudié, tout comme une absence de discrimination peut exister envers des groupes désignés. Ces deux cas sont complètement séparés.

S’il existe en effet de la discrimination envers les DHCEU immigrants, par rapport aux CDME, à l’intérieur de la plus grande cohorte des DHCEU, le retrait du terme « CDME » ou de la catégorie d’analyse ne ferait rien d’autre que de masquer ce fait. Cela n’éliminerait pas la discrimination, elle ne ferait que la voiler.

Laissant ces considérations philosophiques de côté, pourquoi CaRMS n’élimine-t-il tout simplement pas le terme et la catégorie si certains aimerait que cela se fasse ? C’est parce que nous avons une obligation de fournir des données significatives et transparentes en ce qui concerne les jumelages que nous administrons.

Peu importe comment nous abordons la question, il n’en demeure pas moins que de façon générale, les étudiants admissibles qui participent à nos jumelages se répartissent en deux groupes importants : les diplômés canadiens en médecine (DCM) et les DHCEU. Les DCM sont les étudiants qui ont obtenu ou obtiendront leur diplôme d’une faculté de médecine au Canada. Les DHCEU sont les étudiants qui ont obtenu ou obtiendront leur diplôme d’une faculté de médecine à l’extérieur du Canada ou des États-Unis. Ces termes ne font pas référence à la citoyenneté ou au lieu de naissance, mais plutôt au lieu d’obtention du diplôme de premier cycle en médecine.

Malheureusement, en offrant simplement des statistiques de jumelage réparti par ces deux définitions assez larges ne serait que la moitié de l’histoire.

Une analyse démographique des tendances du jumelage R-1 depuis les quinze dernières années dévoile deux cohortes de DHCEU très différentes et bien définies : les CDME et les DHCEU immigrants. D’un point de vue caractéristique, il n’existe pas de CDME ou de DHCEU immigrant typique. Ils ont tous deux étudié la médecine dans des systèmes d’enseignement qui possèdent des curriculums, des ressources et des populations de patients différents. Parfois, les DHCEU immigrants et les CDME ont obtenu leur diplôme de la même faculté.

Cela dit, tous les CDME ont un point en commun, ils sont tous des citoyens canadiens ou des résidents permanents qui ont choisi de poursuivre leurs études en médecine à l’étranger. Ce caractère commun offre une distinction évidente entre les CDME et les autres médecins internationaux formés à l’étranger avant de venir au Canada afin de pratiquer la médecine et de devenir des citoyens ou des résidents permanents.

Il n’en reste pas moins qu’à l’intérieur du grand bassin des DHCEU, les CDME sont environ trois fois plus susceptibles à être jumelé que leurs homologues DHCEU immigrants. Faire rapport sur ce fait n’en est pas la cause.

Que pensez-vous du terme « CDME » ? Croyez-vous que le terme devrait continuer à être utilisé en tant que cohorte démographique pour des fins statistiques futures ? Communiquez avec nous à l’adresse InformezNous@carms.ca.